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Titre du blog : M E S C H E R S
Auteur : meschers
Date de création : 19-05-2010
 
posté le 23-05-2010 à 17:52:58

Les Carrelets

 

 

                                                                                                photo aout 2009

                                                                                          
 

 


Les carrelets à ponton tels qu’on les connaît aujourd’hui en Gironde et en Dordogne sont apparus au XVIIIème siècle pour répondre aux besoins fonctionnels des pêcheurs. Construits dans des cadres paradisiaques, les carrelets ont attiré et attirent toujours un public diversifié qui s’est démocratisé au cours de l’histoire.

 

En un siècle, les carrelets ont affirmé leur appartenance au patrimoine de la région aquitaine. Ils sont quelques centaines sur les rivages de l'estuaire de la Gironde et de la Dordogne.

 

Les hommes et les carrelets:

Au cours de l’histoire, les relations entre les hommes et les carrelets ont évolué. Contrairement aux idées reçues, la pêche au carrelet ne permettait pas aux hommes de survivre. La pêche « des pauvres, des sans-travail, des sans ressources » donnait tout juste un complément alimentaire fort apprécié ; parfois lorsque les prises étaient conséquentes, celles-ci représentaient une monnaie d’échange.

La pêche au carrelet est avant tout une pêche de hasard, puisque le filet ne retient que le poisson qui s’y trouve au-dessus, au moment de la remontée du filet.

 

1900 : Les premiers carrelets à ponton:

Cette méthode de pêche traditionnelle est très ancienne et remonterait au XVIIIème siècle. Dans un souci d’amélioration des conditions de pêche, les pêcheurs mettent en place des installations sur pilotis et un mécanisme pour le filet.
Les carrelets à poste fixe ou carrelets à ponton apparaissent vers 1900 sur les quais, les digues des ports, les avancées de rochers surplombant la mer, ainsi que dans les « trous » des falaises qui offrent à la fois des plates-formes  pour les mâts et des abris pour les pêcheurs. Très vite poussés par l’envie de trouver un emplacement idéal, les pêcheurs édifient des installations en hauteur plus complexes avec une passerelle et une plate-forme pour poser le mécanisme du filet.

 

1910 : Des installations plus complexes et plus nombreuses: Les carrelets à ponton se multiplient le long des rivages car ils séduisent un public plus divers qui a accès à ces constructions pour de moindres frais.
Vers 1910, c’est dans les pêcheries que s’inscrivent les premières installations de carrelet à ponton.
Positionnés sur les passerelles, les pêcheurs peuvent alors manœuvrer plus aisément le filet. En quelques années, les falaises se peuplent d’estacades de plus en plus longues. Le paysage est radicalement transformé par la prolifération des carrelets. Une démocratisation des utilisateurs accompagne le phénomène.

Cependant, ces constructions coûtent cher et il faut, pour se livrer à ce passe-temps, de l’argent et du temps libre. Grâce à l’aide d’E.D.F. qui remplace les poteaux électriques en bois à bas prix par des poteaux en béton, des constructions de plus grandes dimensions se multiplient.

 

Les propriétaires de carrelets:

La construction et l’achat d’un emplacement sur les rivages nécessitent un investissement. Au début du XXème siècle, seules certaines catégories de personnes, aisées pour la plupart, pouvaient s’offrir ce plaisir.
La majorité des propriétaires de carrelets étaient des membres de professions libérales, des commerçants, des artisans, des cultivateurs aisés et des retraités qui employaient un ancien pêcheur pour garder et entretenir leurs biens. Pendant l’absence des propriétaires, les gardiens bénéficiaient de l’installation pour venir y pêcher.
Puis, avec l’augmentation du temps libre et du niveau de vie, les ouvriers et les employés accèdent aux carrelets pour venir y chercher le repos et le bien-être en s’adonnant à la pêche.

 

Années 50 - Les carrelets en situation délicate:

Dans les années 50, l’expansion touristique de masse et le manque de poissons viennent modifier l’histoire des carrelets qui se voient délaissés.
En effet, avec l’après-guerre survient une période de stagnation pour les carrelets. Le contexte change : développement de nouvelles formes de loisirs collectifs et organisés, apparition de la télévision, essor de l’automobile et raréfaction du poisson. Les carrelets sont délaissés et désaffectés car ils ne constituent plus l’intérêt principal des touristes.
Beaucoup d’installations sont abandonnées et se dégradent. A cette époque, une polémique naît entre ceux qui considèrent que les carrelets dénaturent le paysage du littoral et ceux qui réagissent en revendiquant l’appartenance des carrelets au patrimoine de la région.

 

Les tempêtes de 1996 et 1999: 

Constructions rudimentaires, les carrelet
s ne sont pas à l’abri des intempéries et nombreux d’entre eux n’ont pas survécu aux tempêtes de ces dernières années.
Durant les deux tempêtes qui se sont abattues sur l’estuaire en 1996 et 1999, presque tous les carrelets des deux rives ont été soit détruits, soit endommagés. Les propriétaires, déterminés ont entrepris de les remettre sur pied. Aujourd’hui le taux de reconstruction est estimé à 80% sur les deux rives.  

 

De nos jours - défense des carrelets:

Une nouvelle motivation émerge actuellement : conserver les carrelets, éléments d’un patrimoine apparus il y a un siècle.
Aujourd’hui, les carrelets sont défendus par des associations de pêcheurs, convaincus que ces éléments font inévitablement parti du paysage aquitain et qu’ils sont témoins d’un temps passé et d'anciennes traditions. Le monde du tourisme plaide lui aussi pour la reconstruction des carrelets disparus.

( texte trouvé sur http://cabanes.u-bordeaux3.fr/index.php?ob=evolution&cab=carrelet )